Le vrai CHAVEZ

Le Cercle Léon BLUM s’insurge contre les propos tenus par le Ministre des Dom-Tom, Victorien LUREL, représentant le gouvernement français, à l’occasion de l’enterrement d’Hugo CHAVEZ. Comparer l’ex Président Vénézuélien à Charles De Gaulle et Léon BLUM relève d’une double erreur, voire d’une double imposture. Hugo CHAVEZ n’était pas Charles De GAULLE parce qu’il n’a pas sauvé son pays d’un fascisme intérieur ou d’une menace extérieure. Il n’était pas non plus Léon BLUM qui était très attentif aux formes de la démocratie et ne concevait le socialisme que dans la liberté, contrairement à CHAVEZ dont les relations à la démocratie étaient, pour le moins, ambigües.

Au-delà des appréciations que chacun peut avoir sur la façon dont CHAVEZ a dirigé le Venezuela durant les 19 années de sa présidence, il faut se souvenir que ses amis politiques étaient les dictateurs libyen KADHAFI, irakien HUSSEIN, syrien ASSAD, cubain CASTRO, et iranien AHMADINEJAD. On aurait souhaité meilleure compagnie !

Le Cercle Léon BLUM se félicite des propos de l’ex Secrétaire Nationale du Parti Communiste, Marie-Georges BUFFET, qui a eu le courage de dire « CHAVEZ n’était pas un modèle même s’il a suscité de l’espoir ! ».

Il est regrettable que Victorien LUREL se soit exprimé ainsi « au nom du gouvernement » quand les principaux autres responsables de notre pays prenaient leurs distances avec le bilan discutable de CHAVEZ. Il y avait sans doute meilleure façon de sortir de l’anonymat.

Quand la stupidité s’ajoute à l’horreur

A peine venait-on d’apprendre le drame épouvantable qui frappait les malheureux enfants de l’école juive Ozar Hatora de Toulouse que nous sommes à nouveau confrontés à l’incommensurable cécité de Madame Catherine ASHTON, Haute Représentante de l’Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité de l’Union Européenne.

En cet instant de recueillement national et international, oser comparer l’assassinat délibéré des trois jeunes enfants de Toulouse aux victimes du conflit israélo-Palestinien à Gaza relève de l’ignoble, de l’abject et de l’incompétence. Cela revient, ni plus ni moins, à justifier la tragédie de Toulouse. La comprendre c’est la valider!

Le Premier Ministre palestinien, Salam FAYAD vient, lui-même, de déclarer dans un courageux communiqué: « Il est temps que ces criminels arrêtent de revendiquer leurs actes terroristes au nom de la Palestine et de prétendre défendre la cause de ses enfants, qui ne demandent qu’une vie décente, pour eux-mêmes et tous les enfants du monde »,

Il n’y a pas à assimiler les victimes. Toutes sont dramatiques, et se livrer à une comparaison macabre témoigne d’une singulière façon d’approcher les relations internationales. Si l’Europe est fragile, sa diplomatie est malade et Madame ASHTON ne contribue pas à la valoriser. Elle s’est discréditée et a ainsi perdu toute légitimité pour nous représenter au plan international.

Madame ASHTON n’a pas encore compris que les mots tuent, parfois plus que les armes.

Pourtant, tous les enfants ne sont pas éduqués de la même façon !

enfants de Gaza défilant avec de vrais fusils

(enfants de Gaza défilant avec de vrais fusils)

A défaut de démissionner, madame ASHTON pourrait-elle avoir un éclair de lucidité et revenir sur ses declarations?

Laurent Azoulai
Président du Cercle Léon BLUM

 

Emotion et colère

Tous les membres du Cercle Léon BLUM sont profondément bouleversés par le drame qui frappe la Communauté Juive de Toulouse, dans le dramatique attentat qui a frappé ce matin l’école Ozar Hatorah. C’est la Nation qui est endeuillée aujourd’hui pour la troisième fois, après les assassinats de Montauban et Toulouse.

Nous exprimons notre peine et nous adressons nos plus sincères condoléances aux familles des victimes et à la Communauté juive de Toulouse. Nous nous associons aux nombreux témoignages de solidarité transmis aux victimes et à leurs familles.

Nous adressons également nos plus sincères condoléances aux familles des trois soldats qui ont été sauvagement abattus avec la même arme.

Ce sont des symboles de la République qui ont été lâchement frappés.

Nous souhaitons que, le plus rapidement possible, la police neutralise et arrête le criminel, que justice soit rendue et qu’il soit condamné à la mesure de la barbarie de ses actes.

Nous demandons également que l’état déploie tous les moyens nécessaires à la protection des personnes et des lieux sensibles.

Le Cercle Léon BLUM appelle ses adhérents et sympathisants à s’associer à l’ensemble des rassemblements de recueillement et de solidarité qui sont organisés dans toute la France.

Laurent Azoulai
Président du Cercle Léon BLUM

Question à Pouria AMIRSHAHI

Le Secrétaire National aux Droits de l’Homme du Parti Socialiste, Pouria AMIRSHAHI, vient de publier le 28/11/11 un vibrant communiqué appelant à la libération de l’étudiant franco-palestinien Salah HAMOURI, détenu en Isra&etrema;l depuis mars 2005.

Il nous paraît utile, voire nécessaire, de rappeler quelques faits:

  • Salah HAMOURI a été arrèté, puis jugé alors, que membre revendiqué du mouvement FPLP (Front de Libération de La Palestine), il était accusé de préparer un attentat contre Ovadia YOSSEF, Grand rabbin d’Israël. Il a plaidé coupable lors de son procès.
  • Après son arrestation, Salah HAMOURI a bénéficié des droits de la défense accordés à tous les justiciables en Israël, qu’ils soient Israéliens ou étrangers, simples délinquants ou terroristes,
  • Depuis son incarcération, Salah HAMOURI reçoit les visites régulières des organisations internationales de Droits de l’Homme,
  • Dans la prison où il est détenu, Salah HAMOURI reçoit les soins et la nourriture dont il a besoin, comme cela a été attesté par la Croix Rouge Internationale.

Nous apprécions que Pouria AMIRSHAHI se préoccupe ainsi du sort des français détenus à l’étranger. A cet instant pourtant, nous regrettons, qu’il n’ait pas encore trouvé les mots pour publier un communiqué qui demanderait la libération des otages français détenus par les terroristes d’AQMI, mouvement islamiste se revendiquant de la mouvance Al Quaida au Maghreb. Dans le même esprit, nous aurions été satisfaits de lire, s’il avait eu le temps de le rédiger, le communiqué qu’il aurait pu consacrer au franco-israélien Gilad SHALIT, kidnappé puis détenu è Gaza pendant 5 années, au mépris du droit international, qui n’a jamais pu recevoir de visites d’observateurs indépendants ou d’organismes des Droits de l’Homme durant les 1941 jours de sa détention.

Manifestement, Pouria AMIRSHAHI, doit considérer qu’il y a deux types de français détenus à l’étranger:

  • Ceux pour qui l’on se tait, alors qu’innocents, ils sont détenus pas des organisations terroristes dans le plus grand mépris de la dignité humaine,
  • Ceux qui mériteraient qu’on les défende, même s’ils programmaient des crimes, bien que détenus dans le total respect du droit international.

Cette attitude pose une vraie question: la défense de nos compatriotes détenus à l’étranger n’est-elle pas plus tributaire de qui les détient, plutôt que du pourquoi et du comment on les détient ?

Tout cela est bien surprenant venant de la part d’un responsable politique qui sollicite un mandat lors des prochaines élections législatives qui, s’il était élu, ferait de lui un législateur !

Gilad SHALIT enfin libre !

Après 5 longues années d’une captivité oppressante, contraire à toutes les conventions internationales, Gilad SHALIT a enfin été libéré par ses geôliers du Hamas. Nous nous félicitons du retour de Gilad auprès des siens.

Rappelons qu’il a été détenu après avoir été enlevé le 25 juin 2006 alors qu’il se trouvait en Israël. Ses ravisseurs « l’Armée de l’Islam et les Brigades Al Quassam », l’ont enfermé à Gaza pendant 1941 jours au mépris du respect de la dignité humaine. Durant sa captivité, malgré les multiples demandes internationales, aucune organisation humanitaire internationale n’a pu lui rendre la moindre visite pour s’assurer de son état de santé, de ses conditions de détention ou pour lui remettre des colis. Le Hamas l’a toujours refusé.

Cette libération soulage sa famille, ses amis, tout un peuple et tous ceux qui sont épris de liberté. Il faut s’en féliciter. Pour autant, elle se réalise au prix exorbitant de la libération de 1027 prisonniers, dont plusieurs dizaines ont commis des attentats meurtriers causant la mort de 569 civils Israéliens, dont beaucoup d’enfants. Si nous partageons la joie de la famille de Gilad SHALIT, nous comprenons également la peine des familles des victimes israéliennes qui estiment que le prix payé est extrêmement déséquilibré et dangereux pour l’avenir. Mais d’une certaine façon, cette disproportion numérique marque aussi la valeur que les Israéliens attachent au prix de la vie d’un homme!

Rappelons qu’en 2009 déjà, 19 prisonniers palestiniens avaient été libérés par Israël contre la simple transmission d’une vidéo prouvant que Gilad SHALIT était en vie.

Israël est une démocratie qui saura gérer cette situation exceptionnelle.

Souhaitons, à l’unisson des responsables épris de paix, que cet événement sera le début d’un processus de reprise du dialogue entre Israël et les Palestiniens pour aboutir à un règlement pacifique et positif du conflit israélo-palestinien.

Pour ce qui concerne certaines réactions en France, le Cercle Léon BLUM ne peut laisser, sans réagir, les déclarations de ceux qui « se réjouissent que les prisonniers palestiniens libérés puissent enfin retrouver leurs familles », mettant ainsi au même niveau le traitement réservé à Guilad SHALIT et celui accordé aux prisonniers palestiniens en Israël.

Rappelons quelques faits avérés que personne ne pourra contester, concernant ces prisonniers palestiniens:

  • Ils ont été traités conformément aux statuts de la Convention de Genève,
  • Les prisonniers palestiniens ont été incarcérés après avoir commis des attentats contre des civils et après avoir été jugés par des tribunaux civils devant les médias internationaux,
  • Ils ont bénéficié des droits de la défense, tels que la démocratie israélienne les accorde à ses propres ressortissants,
  • Ils ont reçu, durant leur détention, les visites multiples de toutes les organisations humanitaires ou ONG qui le demandaient,
  • Ils ont eu la possibilité de pratiquer leur culte librement et de se sont vus proposer de la nourriture Hallal,
  • La peine de mort n’existe pas en Israël !

Si, pour une fois, certaines « bonnes consciences humanistes » pouvaient prendre en compte la réalité quand il s’agit du Proche-Orient…

Le Bureau du Cercle Léon BLUM

Communiqué du président du Cercle Léon Blum – Georges FRECHE, maintenant, ça suffit !

Quand les faits d’actualité se télescopent de terrible façon.

Mercredi 27 janvier 2010, le monde civilisé commémore le 65ème anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz. Et chacun de rappeler, avec sincérité et conviction, que cette date doit nous inciter à la réflexion sur la faculté de l’être humain à porter le meilleur mais aussi engendrer le pire. Et tous de scander: « Plus jamais çà! »

Mercredi 27 janvier 2010, le cimetière juif Strasbourgeois du quartier de Cronenbourg est profané. Plusieurs dizaines de tombes juives sont recouvertes de croix gammées, de sigles SS et d’inscriptions « Juden Raus », d’autres sont renversées. Indignation générale et tous les démocrates de dire « Plus jamais çà! ».

Mercredi 27 janvier 2010, Georges FRECHE, Président sortant du Conseil Régional de Languedoc-Roussillon, se lance dans une nouvelle provocation lors d’une interview à l’hebdomadaire l’Express. Il indique au sujet de Laurent FABIUS: « voter pour ce mec me poserait un problème: il a une tronche pas catholique », faisant ainsi allusion aux origines juives de l’ancien Premier Ministre socialiste. Un nouveau dérapage insupportable après tant d’autres. Alors très clairement nous disons: « Plus jamais lui! »

En conséquence, le Cercle Léon BLUM:

  • décide de retirer Georges FRECHE de la liste prestigieuse des membres de son Comité d’Honneur,
  • demande à la Direction du Parti Socialiste de proposer une autre tête de liste pour diriger la liste socialiste aux prochaines élections régionales,
  • appelle les électeurs de la Région Languedoc-Roussillon à s’élever contre le maintien d’un homme qui a perdu le sens des valeurs républicaines.

Laurent Azoulai
Président du Cercle Léon BLUM
le 28/01/2010

Lettre à Jean-Luc MELENCHON, Sénateur de l’Essonne: Réponse sérieuse à un démenti inexact

Monsieur le Sénateur, Cher Jean-Luc,

En consultant ton blog, j’ai eu l’occasion de lire le communiqué que tu as intitulé« un démenti catégorique et écoeuré ». Connaissant ta forte personnalité, tes qualités de débatteur et constatant la force des mots que tu as utilisés dans ce texte, je craignais que tu n’aies été mis en cause par un journal fascisant ou que l’on t’ait demandé de renoncer à ton mandat de sénateur de l’Essonne – acquis grâce à ton appartenance au Parti Socialiste – ou, catastrophe suprême, que l’on t’ait traité de suppôt du capitalisme international. Heureusement, rien de tout cela. Il ne s’agissait que de ta réaction « pondérée » à notre invitation à participer à un prochain colloque du Cercle Léon BLUM pour nous parler, avec ton talent oratoire, d’un sujet que tu maîtrises bien: Hugo CHAVEZ. Quel soulagement que cette fin de tension insoutenable!

Puisque tu es un adepte du parler vrai, nous allons confronter tes dires à la réalité et je suis certain que tu auras l’honnêteté de publier cette lettre-réponse sur ton blog pour que ceux qui auraient lu ton texte puissent prendre connaissance de tous les éléments concernant cette polémique tu as artificiellement créée.

Les faits

  • Le Cercle Léon BLUM, dont une des finalités est de générer un débat politique au sein de la gauche républicaine sur des sujets qui relèvent de son objet social, a décidé, en fin d’année dernière, d’organiser en 2009 un débat sur le thème: « CHAVEZ, AHMADINEJAD, POUTINE… les liaisons dangereuses d’un nouveau populisme ». Cet intitulé nous est apparu judicieux parce que propice à débats, ce qui est notre but. Sur le fond de ce sujet, on ne peut contester qu’au sein de la gauche française, des appréciations diverses sont portées à l’encontre de ces personnages qui occupent la scène internationale. Au sein du bureau du Cercle Léon BLUM, nous avons eu un échange assez franc au sujet des personnalités que nous pourrions inviter. Je dois avouer que j’ai insisté pour que tu sois présent ainsi qu’Hubert VEDRINE, dont le moins que l’on puisse dire est que ses positions et les nôtres sont parfois dissonantes. Mes raisons étaient assez claires: à l’occasion d’un débat maîtrisé, franc et intellectuellement ouvert, mieux vaut parler et débattre avec ceux qui ont la connaissance et la compétence, quitte à être en désaccord, que se retrouver entre personnalités porteuses d’une même philosophie, globalement en harmonie, au risque de rendre notre débat moins vivant, voire convenu. Il n’y avait donc aucun piège dans cette démarche marquée uniquement par la volonté d’installer la qualité dans l’échange.
  • Comme tu peux encore le constater sur notre site internet, puisque c’est l’élément auquel tu te réfères pour justifier ton courroux, notre présentation est formulée de la façon suivante: « Personnalités invitées: ENCEL, FREGOSI … MELENCHON, VEDRINE … « . A aucun moment il n’est indiqué de participation définitive et ce, pour la raison simple que nous n’avons pas encore reçu les réponses formelles des personnalités pressenties. Ce n’est que lorsque nous aurons l’accord final de chacune d’entre elles que nous validerons le thème, les participants, la date et le lieu. C’est comme cela que j’ai appris à fonctionner dans des structures que nous avons fréquentées ensemble. Il est donc faux de dire que tu as été considéré comme « participant » à un débat qui n’est pas encore définitif.
  • Nous avons débattu ensemble, en tête à tête, de la possibilité de ta participation lors d’une convention nationale du Parti Socialiste,dont tu était encore membre. Tu m’as expliqué tes réserves qui portaient, notamment, sur le prétendu « piège politique que tu pensais que nous allions te tendre ». J’ai passé plus d’une 1/2 heure à tenter de te convaincre, à la fois sur la qualité et la compétence des intervenants invités, sur l’honnêteté de ma démarche politique sur laquelle je m’engageais personnellement (et tu m’as rendu hommage à ce sujet), sur le fait que le Sénat n’est pas un lieu de violences verbales et qu’en tous les cas ce n’était pas la conception des débats initiés par le Cercle Léon BLUM … A la fin de ce dialogue, animé mais courtois, tu m’as indiqué que tu réfléchirais et tu me donnerais une réponse dès que le formatage du débat serait plus avancé. Il est donc faux de dire que tu avais opposé « le refus que cette provocation méritait ».
  • La liste des personnalités invitées est diverse, équilibrée et composée d’intervenants potentiels qui font références dans leur domaine de compétence. Il y a des spécialistes des questions internationales (ENCEL, MOSCOVICI TERTRAIS), des personnalités politiques fortement engagées dans des soutiens de nature très différente (MELENCHON, VEDRINE, OMINAMI, LEVY) et des analystes confirmés (FREGOSI, SIFAOUI). Chacun répondra oui ou non à l’invitation qui leur a été adressée en fonction de ses paramètres d’appréciation. Il est donc pour le moins inconvenant et présomptueux, au regard des personnalités pressenties, d’écrire qu’ « aucune personne respectable de saurait se rendre à cette invitation ».

Quelques remarques de fond

Les faits étant désormais incontestablement posés, je me sens contraint de revenir sur quelques propos inscrits dans ton texte qui sont emprunts d’une inutile agressivité.

  • Le Cercle Léon BLUM n’est pas communautariste. Il est résolument républicain et engagé à défendre le respect des droits et devoirs de tout citoyen en France. Constitué en 2003 pour combattre les manquements de la gauche républicaine qui, alors qu’elle était au pouvoir, n’avait pas su mettre un terme aux menaces antisémites qui pesaient sur une partie des Français, le CLB a cherché à réconcilier la gauche de gouvernement et une partie de ses électeurs qui n’avaient plus confiance en elle. D’une certaine façon, le Cercle Léon BLUM s’est substitué à un Parti Socialiste défaillant, dont certains de ses responsables avaient tenu des propos plus que contestables, transposant en France le conflit du Proche-Orient et prenant ainsi le risque fou de casser le pacte républicain national. Il est donc faux de dire que le Cercle Léon BLUM est une organisation communautariste, au contraire.
  • Notre communiqué du mois de janvier 2009, survenant après le conflit de Gaza, condamnant la multiplicité des incidents antisémites en France et mettant face à leurs responsabilités un certain nombre de leaders de la gauche française, s’inscrit dans la droite ligne des prises de position du Cercle Léon BLUM: exiger le respect de la loi républicaine, dénoncer les atteintes aux droits des personnes et des biens, exiger que l’on retrouve et sanctionne les fauteurs de troubles et d’agressions racistes et antisémites. En aucun cas, je ne peux accepter la déformation de nos propos que tu tentes, selon des méthodes bien connues, qui consiste à ne prendre que quelques mots pour en détourner le sens. Je confirme que notre dénonciation de la collusion d’une partie de l’extrême gauche et des mouvements islamisto-fascites, sauf à valider le rapprochement entre DIEUDONNE, Le PEN et FAURISSON, reste entière. J’ai des difficultés à comprendre la construction intellectuelle de ceux qui se veulent les chantres de la liberté laïque tout en défilant, sans état d’âme, aux côtés des intégristes islamistes qui assimilent la croix gammée à l’étoile de David en criant Morts aux juifs à Paris. Comme je l’ai écrit, la vraie cause palestinienne mérite mieux que cet amalgame scandaleux. Connaissant ton parcours et tes appartenances, je sais que ce n’est pas ta vision des choses. Pourtant, tu ne peux contester qu’une partie de l’extrême gauche a validé, et valide toujours, cette alliance objective. Si on aime vraiment la République, encore faut-il le prouver par ses actes. Il est donc faux de dire que nous t’avons assimilé aux antisémites parce que tu as dénoncé l’intervention à Gaza. Nous savons faire la part des faits et des déclarations.

Pour conclure, je veux te dire que, contrairement à toi, je ne considère pas que le débat d’idées, même s’il est vif, puisse mettre un terme à l’amitié. L’insulte oui. Les propos que tu as utilisés, qui me sont probablement destinés, tels « névrosé, méprisable, dément … » relèvent sûrement d’une faiblesse à laquelle tu ne nous as pas habituée. Je suis également surpris que tu utilises l’expression « ancien trésorier du PS » pour me qualifier. Voilà 15 ans que j’ai quitté cette fonction que j’ai occupée avec beaucoup de tension, d’abnégation mais aussi de satisfaction. Ma démarche à ton égard n’était que celle du Président du Cercle Léon BLUM qui s’adressait au Sénateur socialiste que tu étais à cette époque. A aucun moment, il ne me serait venu à l’esprit que je parlais à l’ancien Trotskiste Lambertiste que tu as été!

Finalement, à la relecture de ce courrier-réponse que je t’adresse, je constate qu’il y a beaucoup de « faux » et de procès d’intention dans tes quelques remarques, appréciations ou commentaires concernant notre amical appel à participer à un débat auquel tu aurais pu apporter ton éclairage. D’une certaine façon, ta réponse agressive à notre invitation est peut-être un élément que tu apportes, sans doute involontairement, à notre débat. J’aurais préféré le dialogue. Tu as choisi l’anathème, la caricature et le mensonge. Chacun ses méthodes. Je préfère les miennes.

Permets-moi malgré tout de te saluer … fraternellement.

Le Président du Cercle Léon BLUM

Laurent Azoulai

Communiqué du Cercle Léon Blum – Pourtant, ils avaient compris…

« La France n’est pas le Proche-Orient, un Juif Français n’est pas un soldat israélien, les banlieues de notre pays ne sont pas la bande de Gaza ».

Après les terribles évènements antisémites qui avaient frappé notre pays pendant les années 2000-2003, les principaux responsables de la gauche française, mais aussi de nombreux journalistes, avaient fait leur « coming out », considérant qu’il leur fallait désormais traiter du conflit du Proche-Orient avec prudence, équité et maîtrise du propos et des images pour éviter les répercutions en France des excès de langage et des outrances non contrôlées.

Durant ces dernières années, le Cercle Léon BLUM s’est mobilisé auprès des responsables de la Gauche politique, syndicale et associative française. Il leur a rappelé ces quelques évidences et les a incités à la mesure, à la prudence et à l’éthique dans leurs engagements sur ce sujet si sensible et passionnel parce que nous constations et déplorions qu’à chaque montée de tension au Proche-Orient, notre pays était l’objet de tentatives de transposition de ce conflit politique et territorial en confrontation communautaire, voire en menaces de déstabilisation de notre pacte républicain.

Pour certains, ces promesses de modération n’auront tenu que le temps d’une parole donnée puisqu’une nouvelle fois, la crise entre Israël et le Hamas a été insidieusement utilisée par les manipulateurs professionnels pour tenter de mettre à mal le fragile équilibre de notre vivre ensemble qui, en France, a permis une intégration globalement réussie. Aujourd’hui, comme hier, il nous faut inviter les dirigeants à prendre leurs responsabilités pour qu’ils évitent que cette crise internationale se nationalise et se transforme en fracture républicaine, au risque de dégénérer sérieusement. Il convient que chacun, à son niveau d’engagement, retrouve la raison et les motivations qui ont fait que nous nous sommes engagés au sein des mouvements composant la gauche Française.

Il faut d’abord rappeler que le conflit du Proche-Orient, s’il est politique, territorial et historique, est ressenti, en France, bien plus que n’importe quel autre conflit, de manière passionnelle, ce qui ne doit pas nous empêcher de l’analyser avec pertinence et équilibre. Bien sûr qu’en tant que militants de gauche nous sommes intellectuellement engagés dans un mouvement général pour la paix dans le Monde, mais cela ne nous oblige pas à être des pacifistes bornés. Les marches contre la guerre sont éminemment sympathiques mais elles n’ont jamais fait reculer les dictateurs ou les oppresseurs. Les populations qui ont sincèrement été soulagées après les accords de Munich de 1938, parce que les démocraties avaient évité la guerre « à tout prix », sont celles-là mêmes qui ont porté, six années durant, le poids de la souffrance, des privations et du deuil parce que « les autres ne jouaient pas le jeu avec les mêmes règles ». François MITTERRAND l’avait bien compris lui qui déclara, lors de son fameux discours de Berlin, « les pacifistes sont à l’Ouest quand les missiles sont à l’Est ». Où est-il écrit, dans le bréviaire sacré de la gauche, que la politique oblige à la faiblesse ou la naïveté ? Pour être encore plus clair, nous en avons assez de ces donneurs de leçon de salon de la LCR ou de LO qui, de Paris à Marseille, professionnels du défilé tout azimut, scandent leurs slogans haineux alors que leur idéal politique, quand par malheur il a été mis en oeuvre, n’a apporté que dictature, torture et oppression, n’est-ce pas Messieurs CHAVEZ, CASTRO, CHE GUEVARA ou MAO-TSE-TOUNG ?

Être de gauche, c’est être fidèle à des valeurs! Au-delà des rodomontades souvent émotionnelles, il serait bon que ceux qui se veulent les humanistes de la politique essaient d’analyser avec lucidité les causes et les protagonistes d’un conflit. Doit-on évaluer d’égale façon ceux qui portent des valeurs démocratiques et ceux qui s’inscrivent dans un fanatisme intégriste ? Un militant de gauche peut-il considérer à égalité celui qui porte et défend la liberté de la presse, l’égalité des femmes et des hommes, la liberté d’opinion, l’indépendance de la justice, la primauté du droit, l’absence de peine de mort et celui qui revendique, pour lui (c’est son droit) mais aussi pour les autres, le rejet de la démocratie, prône la haine, la charia et le fanatisme ?

Nous ne sommes pas dupes. Dans les récents défilés de soutien au Hamas, des alliances contre nature se sont édifiées: qu’y a-t-il de commun entre un militant laïc d’association de Droits de l’Homme et les activistes islamistes qui défilent aux sons des cris religieux que l’on connaît? Quelle identification politique peut exister entre les membres de groupes gauchistes de BESANCENOT, LAGUILLER ou de MELENCHON et les fanatiques qui scandent leur haine de la République et de la démocratie? Tous ont défilé, au-delà de leurs différences, pour le soutien « aux peuples opprimés et en solidarité avec les centaines de victimes civiles de ce conflit » nous rétorque-t-on ! Soit, et c’est tout à fait respectable, mais si l’émotion est leur ciment, où et quand défilaient-ils lors des conflits qui ont touché tant de civils tels que ceux du Darfour (400 000 morts), de la Tchétchénie (300 000 morts), de l’Afghanistan (100 000 morts) ou de la Bosnie (25 000 morts), conflits qui ont en commun que pratiquement toutes les victimes sont de confession musulmane… Pourrait-on imaginer que cette émotion ne soit que sélective et ne pourrait s’exprimer pleinement que lorsque les peuples identifiés par ces manifestants comme étant LES victimes auraient comme adversaire Israël ? Bien évidemment la réponse est incluse dans la question. Et puis, ne boudons pas notre plaisir, si cela permet de scander des termes aussi sensibles que Shoah, génocide et holocauste pour qualifier Israël, et les juifs par extension, on ne va pas se priver d’un tel bonheur. Ainsi fabrique-t-on un opportun cocktail explosif qui, comble de joie, pourrait terminer sa course sur une synagogue ou dans une école juive à Paris, à Saint-Denis ou à Toulouse. Telle est la collusion islamisto-gauchiste et antisémite dont DIEUDONNE est un des parrains, celle qui construit la passerelle lancée vers l’extrême-droite de LE PEN et FAURISSON telle qu’elle s’est récemment manifestée au Zénith de Paris. La boucle est bouclée.

Heureusement, il existe encore des démocrates qui combattent et combattront cette dérive. Cependant, eux aussi doivent veiller aux slogans tout faits, simplificateurs, forcément caricaturaux et sans aucun doute dangereux. Parler, comme l’ont fait deux éminentes responsables du Parti Socialiste, de Gaza comme d’une « prison à ciel ouvert » ou comprendre « qu’un peuple qui n’a plus rien pour vivre, qui ne peut plus sortir de chez lui, qui ne travaille plus, puisse devenir enragé… » revient, indirectement, à expliquer les motivations du terrorisme, donc à le justifier. Or, le terrorisme ne se comprend pas, il se combat. Nous reconnaissons que le PS a évité le piège que certains voulaient lui tendre en ne se joignant pas aux manifestations « incontrôlées » qui ont rapidement dégénéré en rassemblements violents qui ont souvent dérapé en rassemblements antisémites. Mais d’autres, à gauche, n’ont pas eu la même prudence élémentaire ce qui nous interpelle sur la nature des alliances politiques car, comment construire un partenariat de gouvernement avec des formations et des dirigeants qui bégayent sur les principes démocratiques ?

Ce constat désolant ne nous empêche pas d’être lucides. Nous connaissons les faits et les vivons comme n’importe quel observateur. Disons le franchement: oui, il arrive à Israël de commettre des erreurs, des excès, voire des fautes. Oui, à l’occasion de la guerre entre Israël et le Hamas, il y a eu des morts et des drames humains. Oui, tout conflit entraîne d’innombrables souffrances à des civils, qui ne peuvent nous laisser indifférents. Oui, ces images sont dures à supporter pour notre confort quotidien. Mais c’est une guerre ! Peut-on avoir la lucidité, y compris à gauche, de comprendre que la guerre propre, sans mort, ne relève que des jeux vidéo ? Ces images nous imposent de réfléchir à la manière d’agir afin décourager ceux dont l’action vise à l’aggraver, et au contraire de tenter de contribuer à sa résolution. La meilleure façon d’éviter ces morts n’est-elle pas de combattre les ferments de la guerre en ne soutenant ni directement, indirectement, subtilement, insidieusement ou politiquement les dirigeants de mouvements extrémistes et ceux qui les soutiennent financièrement ou militairement ? Evitons donc toute parole et toute attitude qui puissent être interprétées comme un support à leur stratégie, comme ce fut le cas à l’occasion de l’incroyable manipulation de l’information commise par la rédaction de France 2 qui, condamnée par le CSA, a dû s’excuser. Mais le mal était fait. Et puisque l’on évoque les principes, serait-il outrancier de demander aux décideurs de ce pays, voire de ce monde, de cesser une bonne fois pour toute ces amalgames immondes assimilant Israël et les juifs aux nazis, Gaza à Auschwitz et la misère des Palestiniens à la Shoah ? Finalement, on ne demande qu’une chose: un peu de décence !

Nous pouvons, sans crainte, débattre avec nos amis de gauche pour tenter de construire un dialogue sur ce conflit qui déstabilise le monde. Nous sommes prêts à mener des campagnes de propagande qui n’auraient d’intérêt que si elles portent sur les voies d’une solution pacifique. En effet, notre position est claire: 2 états viables sur 2 territoires indépendants, la reconnaissance mutuelle, la fin absolue du terrorisme, l’utilisation des fabuleuses ressources humaines et énergétiques pour servir le développement des populations, des accords économiques pour permettre les échanges.Au minimum, pourrions-nous nous accorder pour tout faire afin d’éviter que ces tensions ne se répercutent en France, ce qui est encore de notre responsabilité. Une nouvelle fois, nous en appelons aux vrais démocrates, à la vraie gauche, à celle qui a le sens de la responsabilité, à ses élus qui comprennent, qu’au-delà de la sociologie de leurs circonscriptions, chaque mot prononcé peut être soit une pierre destinée à construire un édifice de paix, soit un projectile qui sera lancé contre un enfant ou un vieillard portant une kippa, dans tous les cas un de nos compatriotes. Nous en appelons tout simplement à la pacification et à la lucidité des esprits

Le Bureau du Cercle Léon BLUM
Fait à Paris, le 20/01/2009

Communiqué du Cercle Léon Blum – « DIEUDONNE fait le con » … et l’est vraiment

Une fois de plus, celui qui n’est plus un comique mais un militant réactionnaire support de l’extrême droite française, DIEUDONNE, a encore frappé. Au Zénith, à Paris, le 27 décembre, devant 5 000 personnes inconscientes ou complices (?), celui qui se veut le chantre de l’humour total a définitivement choisi ses amis.

A l’occasion de son spectacle « DIEUDONNE fait le con », DIEUDONNE a organisé une mise en scène écoeurante: la remise du prix de l’infréquentabilité et de l’insolence à FAURRISSON par un technicien revêtu d’une tenue de déporté! Puis, il a donné la parole au négationniste FAURISSON qui a étalé sa haine, en présence, dans la salle, de Le PEN (FN), De BENOIST (Nouvelle droite), CHATILLON (GUD), Kemi SEBA (tribu Ka) …

DIEUDONNE a enfin montré son vrai visage, celui de la haine. Il faut rappeler qu’il a été condamné pour propos antisémites, que FAURISSON a été condamné à de multiples reprises pour négationnisme et que le mouvement dont SEBA était le dirigeant, tribu KA, a été dissout par le Ministère de l’intérieur. Ces tristes individus n’ont, à priori, rien en commun … sauf leur antisémitisme viscéral.

Au-delà des délires de quelques cinglés qui se cautionnent mutuellement, le plus inquiétant est de constater que 5 000 personnes à Paris ont applaudi à ces échanges et ont visiblement apprécié cette mascarade (vidéo consultable sur fr.youtube.com). Cela mérite interrogation, action, protestation, investigation et sanction.

Pour aller au-delà des condamnations traditionnelles, nous en appelons à l’action de toutes les organisations car il est sérieusement temps de réagir politiquement, médiatiquement et juridiquement avant que l’épidémie de peste brune ne prenne un tour irréversible.

Le Bureau du Cercle Léon BLUM

Fait à Paris le 29/12/2008

Communiqué du Cercle Léon Blum – Décès de Michel Dreyfus-Schmidt

Cher(e)s Ami(e)s,

Nous venons d’apprendre le décès de notre ami et camarade Michel Dreyfus-Schmidt, sénateur de Belfort.

Michel Dreyfus-Schmidt, brillant avocat, a été l’inlassable militant des droits de l’homme, au Sénat où il était élu depuis 1980 dont il fut le Vice-Président pendant 10 ans comme dans toutes les instances politiques, administratives, associatives et juridiques auxquelles il participait, comme la Cour de Justice de la République.

Beaucoup parmi nous ont eu le plaisir et l’honneur de le côtoyer et de militer à ses côtés notamment au sein de l’association Socialisme et Judaïsme qu’il a présidée jusqu’à son décès. Cette association créée à la fin des années 1970 avait pour but d’inciter les juifs de France à voter pour le Parti Socialiste mais aussi de sensibiliser les responsables et militants du Parti Socialiste à militer pour un juste équilibre de la politique française au Proche-Orient.

Homme de convictions et d’engagements Michel Dreyfus-Schmidt nous manquera.

Au nom de tous les amis du Cercle Léon BLUM, nous présentons nos sincères condoléances à Madame Dreyfus-Schmidt et à tous les membres de sa famille.

Le Président
Laurent Azoulai

Fait le 09/09/2008